Il arrête le football à cause de la taille de son sexe.

Dans un témoignage poignant accordé à L’Équipe, Sikou Niakaté, aujourd’hui auteur et documentariste de 34 ans, revient sur l’abandon prématuré de son rêve de devenir footballeur professionnel. Une passion précoce, un talent évident, mais un obstacle intime et insurmontable : la peur des douches collectives, cristallisée par l’angoisse liée à la taille de son sexe et le poids écrasant d’une masculinité fantasmée.

Dans les colonnes de nos confrères de L’Équipe, Sikou Niakaté, âgé de 34 ans, revient sur ses débuts. 《 Enfant, je ne désirais qu’une chose, devenir footballeur. Je rêvais de Manchester United, du maillot rouge, du numéro 7, de David Beckham et de Patrice Evra. Je donnais tout pour ça. Je jouais au foot trois heures par jour minimum. J’étais fort. Excellent même. Je jouais milieu, parfois numéro 10. J’étais grand, très grand – au collège, je mesurais déjà 1,92 m – mais j’étais technique. Mais vraiment technique. Ce qui est rare pour un grand. J’avais plus de précision de passe que tous les gars avec qui je jouais, c’est même moi qui centrais, alors que j’étais le plus grand, parce que j’étais très précis. J’étais un peu dans le profil d’un Yaya Touré. Je jouais au quartier, à Paris, dans le XIXᵉ arrondissement. Évidemment, la question du club s’est posée. Mais c’était accepter l’idée des douches collectives et ça, pour moi, c’était impensable. Impossible. Ce que je cachais allait devenir visible. 》 Explique-t-il.

Selon Sikou Niakaté, tout est parti lors de la douche collective, une idée impensable qui arrêta tout pour celui qui voulait être David Beckham ou Patrice Evra. 《 Quand j’étais petit, un jour, je m’apprêtais à me doucher pendant que ma sœur lavait la salle de bain. On a commencé à se chamailler, elle s’est énervée et m’a dit “avec ta toute petite bite” en riant. Quand elle prononce ça, sa phrase me transperce, elle m’assassine. Je me dis que je ne suis pas normal, que mon corps n’est pas beau et que je vais devoir le cacher. Plus tard, après un match de foot, un de mes potes me montre son sexe, pour rien, juste pour rigoler, et me demande de lui montrer le mien. Son sexe est bien plus volumineux, je ne veux pas. Il continue à me mettre la pression, assure que c’est bizarre que je dise non. Je n’ai plus le choix. Je baisse mon jogging et mon slip. Il regarde, se retient de rire puis explose : “Tu as une toute petite bite, c’est un truc de fou.” J’ai donc décidé de ne jamais jouer au foot en club. Jamais, jamais. 》 Dit-il.

Adra